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C’est au soir du 22 août 1914 que les Allemands venant de Daverdisse et de Gembes attaquent les Français installés à Porcheresse et mettent le feu aux maisons. L’incendie fait rage, éclairant les alentours comme en plein jour. L’église, l’école, le château, la ferme et une centaine de maisons sont détruites.
Près de 75 ménages sont sans abri. Soixante bovins sont détruits ou enlevés. Il ne reste qu'un seul cheval sur cinquante-six.
Porcheresse et l’utilisation du moindre
Après cette rage incendiaire, il reste 23 maisons. Devant une telle désolation, une partie de la population tente de rejoindre la Semois et la France. Beaucoup sont arrêtés à Graide. D’autres se réfugient quelques temps dans les bois.
L’entraide, la débrouille, les rafistolages de fortune et l’utilisation du moindre abri ont aidé les gens à passer l’hiver 19014-1915. Après la guerre, le village de Porcheresse fut adopté par l’État qui entreprit sa reconstruction. Et c’était justice, car Porcheresse fut le village le plus sinistré de la province.
Comité de Secours et d'Alimentation du Luxembourg
Dans le Luxembourg, le Comité de Secours et d'Alimentation du Luxembourg (CSAL) avait décidé de construire de petites maisons en matériaux locaux, pierre et bois respectant le style régional, récupérables par la suite. C’est l’architecte Dothée, de Herbeumont, qui en fit le projet.
Les villages sinistrés du Luxembourg, dont Porcheresse, virent pousser ces maisonnettes en 1915, là où les habitants le demandaient.
Toutes ces maisonnettes sont identiques et signées d’une même pierre gravée 1915 CSAL. On les plaça en dehors des fondations des maisons sinistrées, en prévision de la reconstruction définitive, souvent au fond des jardins. À Porcheresse, on construit 30 maisons du comité ; elles comprenaient une place en bas et une place sous toit où l’on pouvait mettre des paillasses.
Aujourd’hui
Il reste encore à Porcheresse une vingtaine de maisons du comité. Elles sont utilisées comme remise, garage, abri de jardin ou aménagées en logement de vacances. Certaines ont gardé leur caractère d’origine ; quelques travaux à la toiture ont été nécessaires pour les préserver.
Elles sont en tout cas le témoignage d’un passé douloureux mais aussi et surtout d’une très grande solidarité.
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